Des Colonnes d’hercules à Massilia, l’esprit de la Méditerranée rentre à la maison, après son tour de la grande Mer de l’ouest

Publié le par Alice Lacombe

 

Nous voilà une bonne petitIMGP2236.JPGe bande  encore bien coiffé et propre sur nous à attendre Med Spirit à Gibraltar. Comme les belles femmes, il se fait attendre jusqu’à deux heures du matin…. Mais le voilà enfin, sortant de la nuit, hanté par une équipe de gars décoiffés, burinées et mal fagotés, mais tout sourire, après enfin une belle journée de navigation au soleil, en musique. 2 ou 3 agneaux de lait à la broche et un buffet asiatique dévorés, un mic mac de voiture de location, nous embarquons enfin sur notre beau croiseur.

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La navigation en mer d’Alboran prévue au portant sous le soleil, s’est transformée en 24 heures de moteur, sous la pluie. Heureusement les dauphins nous ont fait fête, pour égailler cette longue navigation. Le lendemain, après avoir cherché du vent. Nous en avons trouvé au large. Une jolie brise qui nous a poussés vers Ibiza, en route directe. L’ile est accostée le Mercredi dans la journée. Les mousses du bateau : Arnaud, Alex, Simon, Laurianne, et Lucas semblent motivés pour fêter, comme il se doitIMGP2113.JPG leur Transatlantique éprouvante. Nous voilà donc en bordée, dans les bars et boites de nuit. Cela a duré jusqu’au petit matin, dans une ambiance du tonnerre….

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Au grand matin après une visite rapide de la citadelle d’Ibiza, et un petit stop essence, un peu long. Nous voilà repartis pour affronter 35 nœuds de Mistral dans le golfe du Lion, mais avant cela, nous nous approchons des côtes Espagnoles au moteur et sous la pluie. Les quarts ont changé et nous sommes maintenant sur 2 quarts de 3 heures, et le rythme est difficile à prendre. Les agapes de la veille nous rappellent que nous n’avons pas tous 20 ans…. Le temps reste incertain avec des passages de front en moins de 200 mètres pour passer du grand largue, au prés serré. « Bienvenue en Méditerranée Med spirit » semble nous dire notre belle bleue. Et toujours des dauphins qui nous aident à passer le temps des périodes sans vent au moteur, contre les vagues ….

Le vendredi soir, le Cap Creu se pare de bandes de brumes éclairées par la lumière du soir, plongeantIMGP2158.JPG le Cap dans une pénombre angoissante….        « Donc maintenant c’est cap au 60 pour Marseille » lance Laurent, mais auparavant on vous promet 12 heures de mistral entre 20 et 30 nœuds. Petit Foc et deux ris, harnachés, rassasiés par la Cook Laurianne, qui nous soigne à chaque petit dej, déjeuner, gouter, diner, collation de nuit. Quel luxe que ces repas gourmands à heures fixes, servis avec le sourire. Nous sommes suivis par un ferry, ou un cargo, qui semble suivre le même cap que nous.

 

 

 

 

 

 

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Et là, le voila notre Mistral. Il monte tranquillement, au vent travers. Med Spirit semble heureux de retrouver son vieil ami, qui lui fait un beau cadeau pour son retour à la maison. Le bateau se met à glisser. Lucas à la barre profite de ces moments, où l’on trouve un équilibre, et que tout fonctionne en harmonie. Les vitesses augmentent au cours de la nuit. Les vagues grossissent. Le Mistral nous envoie juste les bouffes aux bons moments, pour affoler le speedo. La place du barreur est enviée. Chacun veux gouter les qualités de Med Spirit quand il dépasse les 15 nœuds. Il devient sensible comme un 470. Le bateau est conduit par les meilleurs, avec des variations d’angles de moins de 5°. La vitesse ne cesse d’augmenter. Au large de notre belle Camargue. Là où le vent est le plus fort, les records tombent, 22,4 nœuds puis 22,8 nœuds. Des surfs interminables, le bateau à de telles vitesses se couvre d’une pellicule d’embruns qui forme un spray empêchant de voir l’avant. Et la boum !!!! au milieu du golfe, on touche. Que se passe-t-il ? Bateau vent arrière en urgence. Vérification générale : barre, boulon de quille, coque, etc … rien. Mais les infiltrations d’eaux peuvent venir plus tard ???

Extrait du dialogue enregistré à bord :

-     Ouuache ! tu as sentis

-     Mais on a touché ?

-          Oui mais c’était moue, non ?

-          Oui, on n’a pas été catapulté et a 17 nœuds, on aurait du valsé, si cela était vraiment dur…

-          Tu es sur qu’il y a pas un Haut fonds ici ??

-          Non pas de haut fonds, mais peut être une Bouée, Balise ?

-          Non, un vieux filet de pêche entre deux eaux…Les Balises sont plus au Nord.

-          Ou alors une baleine, ou un gros poisson ?

-          Peut-être, peut être…

-          Bon alors, on repart, je prends la barre !!!

Nous voilà repartis, après une période de vérifications détaillées. C’est reparti, pour le meilleure speedo…On les refera pas ces marins de Med Spirit, toujours à fond.

 

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Enfin arrivent les lumières de Marseille, après plus de 10 000 miles, la Rade, le Frioul, Planier…Et toujours ce ferry qui nous suit…. Direction le port de Corbières. On affale les voiles pour la fin de cette belle aventure…Nous voilà à quai, pour admirer l’arrivée du paquebot de croisière, qui nous suivait depuis le Cap Bear… On a tenu en respect un paquebot, pendant 7 heures dans le golfe du Lion. Qu’elle belle machine ce Med Spirit !! 7 heures pour les derniers 100 miles, bravo…IMGP2392.JPG

Après un rangement de quelques heures, les retrouvailles, des familles qui visitent apeurées, la machine, que leurs pères, maris, amis, disent avoir mené au de-là des limites de la voile que l’on pouvait imaginer.

Après une dernière pizza, chacun s’est dispersé au gré des bouffes de Mistral. Certains un peu hagard et un peu triste de finir cette aventure, mais également fiers de l’avoir réussie. Tout en étant un peu inquiet de la suite. Ce sentiment confus de quitter avec plaisir, ce qui nous a rendus heureux…IMGP2432.JPG

Je souhaite remercier la bonne humeur, l’humour, la gentillesse de cette équipe de marins fou. Heureux de prendre la pluie sur la tête pendant des heures. De devenir sourd à l’écoute du moteur dans la pétole. De tourner des manivelles à s’en faire péter les épaules. De dormir dans la bannette chaude. De s’habiller et de se déshabiller 6 fois par jour. De se geler pendant des heures. De se réveiller toute les 3 heures… On s’est régalé les Gars, non ???????????

 

Guilhem Lacombe

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