La course des 600 miles d’Antigua, d’après notre skipper poète, Jean Paul
Un grand merci Jean Paul.
Nous y voila, température extérieure 27°, eau salée à 24°, Ambiance chantier, sous un cagnard brulant, des journées constructives à remettre en route le bazar Med spirit.
Il s'était auto mutilé en voguant lors de la course des méga yachts où la navigation fut particulièrement corrosive en aléas, à haute valeur d'euros. Y aura-t-il une deuxième couche qui se profile avec les 600 milles d'Antigua...
Déjà en convoyage ; deux carambouillages: 1, la voile à deux ris qui s'affale sans prévenir : mais d'ou peut venir cette nouvelle imposture. ... Puis une prise de mouillage cafouilleuse avec la quille qui se prend dans le tapis d'un bateau paisiblement ancré et qui fut réveillé dans un fatras improbable mais tellement vrai: Med spirit s'est emberlificoté dans son ancrage. Il faut dire que les places sont chères, voir n’existent plus tant il y a une surpopulation de bonheur flottant.
Les terres arables autant que les surfaces aux mouillages se raréfient...
Une météo puissante est en vue tout du long parcours des 600 miles, nos huskys Russes activent les moulins à café, gérant les tentions des écoutes plus ou moins à bon escient, les écoutes de gv, bastaques et focs. mais la garde des « colonels assermentés » gèrent ce patrimoine en bon père de famille...
La course démarre sur les chapeaux de roues par un démâtage d'un maxi 90 pieds. Un hauban qui pette pour le français en Class 40. Une crise cardiaque sur Nilaya. Des voiles bousillées en veux tu en voila et Med spirit juste une loupe neuve déchirée par la ferrure agressive d'amure du foc J4. Plus de peur que d'euros éjectés...
Nous cravachons rapidement d'îles en îles fouettés par cet alizé puissant et la houle qui va avec. Nous finissons 4ième en temps réel des monocoques. Nous sommes heureux en arrivant au port...
Mais ! La révélation fut apportée par les fameux catamarans Gunsboot 46 qui gagnent en vitesse et confort: l'indice de performance ultime pour les marins ! (ils nous mettent 4 h dans la vue) Ces catas contemporains sont très abouti et bien conçus. Ils ont même leur annexe à fond rigide en carbone...ce n'est pas du luxe. C'est cousu dans l'harmonie !
L'Arrivée en soirée fut fêtée, Antilles obligent... Flamouth harbour recèle de ces orchestres hypnotisant où la musique vous transe énormément tel un fakir et son serpent... Il s'en suit une journée plagineuse à lézarder, laissant s'épancher les souvenir les plus touchants : vue d'une tortue, croisement d'une baleine, nous raccordant à la nature encore sauvage antillaises.
Celui qui à eut la Falmousth idée... de construire une marina dédiée aux James Bond's boats: il a vu grand, il a vu juste! Tout ce qui flotte beaux, escalent là, le temps d'un hiver rigoureux européen, Ici tout est luxe, audaces du design aux beautés ouvragées, du cousu main étincelant le jour, luisant la nuit : celui qui n'a pas un bateau avec un feu en tête de mat rouge; à rater sa vie... Allusion aux mats de plus de 40 m, qui se doivent d'avertir les avions la nuit...
Un yacth club à la hauteur de ses ambitions, accueillir, divertir sans ostentation. Le charme transparait autour de la marina, joliment architecturée avec son jardin à annexe, décorée de dragon suspendus : la fameuse cité de Nelson autrefois centre historique de l'évènement, peut se faire du soucis.
Rendez vous à la distribution des prix où les photos apparaissent pour la première fois, tout le monde y passent... Petit discours plein d'humour anglais apparemment, nous autres franco russe n'étions pas toujours dans la confidence.
La vengeance arriva spontanément des russes qui nous invitent dans un restaurant Italien, pas la pizzeria du coin mais un joli endroit habilement décoré doucement ventilé, où les mets sont tous plus exquis les uns que les autres. Un moment charmant aux nombreux discours de congratulations, à croire que Napoléon n'avait donc rien compris des Russes !!!
Un dernier passage obligé à travers la musique Caribéenne pour graver ta tête de sons et de lumières authentiques. Demain retour au marin en douceur si possible...
Jean Paul
