Des moments forts pendant Marseille – Canaries

Publié le par Alice Lacombe

 

IMAG0288.jpgDe retour de Malte, tout une équipe s’est activée pour que MED SPIRIT soit finalement fin prêt pour parcourir les 4 200 miles jusqu’à St Lucie via les Canaries ! 15 jours à fond…

 

Le départ, retardé de 24h pour laisser passer le coup de vent d’Est, est finalement donné le mercredi 10 novembre. Avec 10 équipiers plus 1 skipper, nous avons très vite compris que la tache n’allait pas être de tout repos. Dés le château d’If, après avoir hissé la grand voile à 1 ris et l’ORC, il fallait se rendre à l’évidence : les manœuvres allaient devoir être bien décomposées, effectuées calmement et surtout avec tout le monde sur le pont.

 

Le vent d’Est rentre comme prévu au sud de la baie de Marseille et c’est à 17 kn au prés bon plein que nous passons Planier. La mer est hachée autour des hauts fonds et le bateau enfourne sévèrement dans les vagues. On se serait cru dans une vidéo de VOR 70 quand le pont est recouvert de 50cm d’eau ! D’où un nouveau dicton : « quand les bottes du barreur commencent à flotter, il faut lever le pied ». Quelle puissance dans ce bateau !

 

A cette période la nuit tombe vite et c’est bien humide que notre quart commence alors que l’autre équipe part dormir. Eh oui, à 11 équipiers et en gardant Laurent hors qIMAG0273_002.jpguart, nous n’avons pas d’autre choix que de faire 2 quarts de 5. Du coup, toutes les 3 heures, nous nous retrouvons tous sur le pont. L’occasion rêver pour Laurent de nous faire faire un peu de manœuvre. La brutalité du bateau dans ce type de situation est incroyable. Se déplacer, faire chauffer de l’eau ou se changer rend la vie difficile. Même dormir tient de l’exploit.

 

Le jeudi matin, le vent se calme, on profite des changements de voiles pour évacuer l’humidité des sous-couches en polaire. 24h pour rejoindre les Baléares... ça va laisser rêveur pas mal de plaisanciers.

 

Le vent tombe, on met le moteur et on recharge les batteries.

 

IMAG0279_002.jpgLa côte des îles est superbe, les fichiers météo prévoient un peu plus de vent à venir. On commence gentiment à entrer dans un rythme où les quarts se succèdent toute les 3 heures la nuit et toutes les 4 heures le jour. On profite des changements de quart pour faire les manœuvres et les aléas de la météo dans ces coins là nous obligent à en faire beaucoup.

 

Le vendredi est consacré à lancer le bateau dans des surfs endiablés dans les vagues courtes de Méditerranée. Sous code 0, GV, full ballasts et flap, la moyenne tourne autour de 16 kn et chaque barreur fait successivement sa petite pointe de vitesse au dessus de 22kn. Quelle sensation lorsque le nez plonge dans le creux de la vague et qu’on se demande vraiment de quel coté ça va partir !

 

IMAG0282_002.jpgHeureusement le bateau est sain et ressort systématiquement là où le barreur le veut. C’est aussi à ces moments là qu’on mesure la différence entre les barreurs lambda et Laurent. Tout en racontant une de ses petites histoires, Laurent nous fait la démonstration que la mer est en pente ! Le passage d’une vague à l’autre est tellement fluide, qu’on à l’impression que le bateau ne cesse d’accélérer alors que la vitesse est « juste » calée à 18 kn sans variation. C’est magique ! Mais à force de tirer dessus, quelque chose a fini par lâcher. Le point d’amure du code 0 (l’anneau en titane de 8mm) se casse, la voile « décolle » et une fois que tout se retrouve dans la cabine, on ne peut plus bouger. On met le J4 et on part se coucher.

 

Du samedi matin jusqu’au vendredi 2h, slalom entre les cargos avant le détroit de Gibraltar. Le vent faiblit de plus en plus et nous tirons des bords vent arrière pour passer le détroit. A la sortie, un petit coup de vent d’Est de 35kn nous cueille GV haute et J4 ce qui rend l’empannage plus que hasardeux. Laurent propose de virer vent debout pour limiter les risques et nous permettre de ne pas partir trop au large au devant d’une dépression qui est prévue depuis un bon moment. A 20 kn de moyenne sur la dernière heure, on parcourt vite de la distance dans la mauvaise direction !

 

Les fichiers Grib sont tellement fiables que depuis Marseille, nous avons changé de cap et de voilure exactement quand le routage l’avait prévu ! Laurent surveille une dépression prévue le dimanche au large du Maroc qu’il propose sagement de l’éviter. C’est l’avantage des convoyages, si on peut s’éviter 20 h de prés dans 30 kn de vent, autant le faire. Didier, à terre, nous concocte une petite halte à Casablanca grâce à ses contacts à la direction des ports Marocain. L’arrivée le samedi minuit dans le port de commerce en plein milieu des cargos fut assez pittoresque.

 

IMAG0284_002.jpg36 h de stop à Casa. On en profite pour aller : au resto, à la Grande Mosquée, aux douanes, aux flics, aux souks, au bar et même au Hammam. Ca nous permet surtout de nous dégourdir les jambes mais ça casse pas mal le rythme, quand il faut s’y remettre le lundi midi. Au large des cotes, on hisse le SPI, on le tangonne, on le blinde et c’est parti pour 3 jours non stop sans presque manœuvrer. La vitesse est bonne, on tourne régulièrement à 15 kn, mais seule la moitié de l’équipage se sent suffisamment à l’aise pour tenir la barre dans de telles conditions. Il faut se relayer souvent car non seulement ça tire beaucoup sur les épaules mais en plus il faut  pas mal de concentration. On fatigue vite. Seul un beau petit départ au lof nous permet d’apprendre à savoir que le bouton de release du hale-bas doit être appuyé longtemps pour relâcher totalement le vérin.

 

L’arrivée entre les îles des Canaries au petit matin est superbe. L’accueil sur un ponton trop petit avec la sortie du mouillage à l’improviste au milieu du port de Las Palmas fut à l’image de cette ville : pas super !!! Quelle déception de voir cette ville ultra bétonnée sans aucun charme et fabriquée pour les vacances des touristes Allemands.

 

Une superbe navigation à recommencer avec un peu plus de monde à bord.

Merci à tous.

 

Julien

carte

 

 

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Publié dans ARC

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C
WOOOUAHHHHH !<br /> Vue du bureau cela fait une bonne pose ! et donne des envies ...
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A
HEllo !<br /> Merci pour cette article !<br /> Ca nous donne une idée des conditions musclées et de la vie a bord.
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